Mon carnet de notes a survécu à six semaines de sac à dos

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Sous la lumière rasante, j’ai ouvert un Rhodia A5 posé sur mes genoux, avec le stylo gel encore humide sur la page. Le carnet avait passé six semaines dans mon sac à dos chargé avec gourde, chargeur et carnet de bord, et j’ai été frappé par la différence entre le recto propre et le verso déjà chargé. J’ai commencé ce test de résistance après usage quotidien en conditions de voyage, parce que je voulais voir quel papier tenait vraiment au rythme du train, de la ville et de la marche. L’expérience m’a appris qu’un carnet se juge au fond du sac, pas en vitrine.

Ce que j’ai mis dans mon sac et comment j’ai pris mes notes pendant six semaines

Je glissais le carnet dans la poche intérieure, juste derrière la gourde et le chargeur, pour le saisir vite dans un train ou dans une rue. J’ai porté ce sac chargé pendant six semaines, avec des allers-retours entre gare, ville et sentiers courts. Le carnet frottait contre la toile à chaque pas, et j’entendais un bruit très léger au niveau des coins. Je suis parti avec l’idée de le sortir en une seconde, sans vider tout le sac.

J’ai pris deux carnets A5 identiques, sauf le papier, l’un en 80 g/m², l’autre en 120 g/m². Les deux avaient une reliure cousue et une couverture toilée, avec le même format et la même prise en main. J’ai utilisé trois stylos, un feutre fin, un bille et un gel, pour voir la réaction sur chaque page. Ce métier m’a appris qu’une reliure se lit aussi au moment où l’on force l’ouverture à plat.

J’écrivais matin, midi, soir, avec des notes rapides, deux croquis et des listes d’adresses. Je notais debout sur un quai, assis dans un train, ou à la terrasse d’un café quand la table ne collait pas. J’ai cherché à mesurer le ghosting, la tenue du dos et la réaction au frottement, pas le charme du carnet. Le soir, à la maison, ma compagne et mes deux enfants adultes m’ont aidé à relire une page pleine de listes, et j’ai vu tout de suite ce qui restait lisible.

Le jour où j’ai vu le ghosting au stylo gel sur le papier 80 g/m²

J’ai vu le ghosting le troisième soir, sous une lumière rasante, quand le stylo gel a laissé traverser des mots sur le papier 80 g/m². Au recto, la page restait propre, mais au verso l’écriture devenait lisible dès que je tournais le carnet vers la fenêtre. Sur le 120 g/m², la même phrase laissait une trace bien plus discrète, presque noyée dans la fibre. Je suis resté un moment à faire aller le carnet d’un côté puis de l’autre, pour vérifier que je ne me trompais pas.

J’ai comparé les deux papiers à la fenêtre, puis sous la lampe du salon, et j’ai pris 3 photos au même angle. Sur le 80 g/m², je lisais le verso sans effort dès que la lumière arrivait de biais, alors que le 120 g/m² gardait l’encre plus sage. J’ai noté que l’épaisseur seule ne disait pas tout, car l’opacité changeait dès que j’appuyais un peu plus avec le gel. Depuis, je regarde la feuille presque comme une vitre, parce que la fibre trahit vite ce que le stylo dépose.

Je me rappelle avoir serré les dents quand j’ai vu que l’encre gel traversait la page. Le verso était illisible, et j’avais besoin de cette note pour un rendez-vous important. Je me suis retrouvé à changer de stylo en urgence, en passant au bille, parce que je ne voulais pas perdre la ligne de mon rendez-vous. Sur le coup, j’ai compris qu’un papier jugé assez épais peut rester trop tendre pour un gel appuyé.

Les coins cornés, les pages gondolées et la reliure qui a tenu bon

Je sentais les coins frotter contre la toile du sac à chaque montée d’escalier, et ce bruit minuscule est devenu un repère. Après une journée humide, les pages avaient un toucher un peu bosselé, pas mouillé, juste nerveux sous les doigts. La première page prenait le plus de marques, parce qu’elle tapait l’intérieur du sac et absorbait les petits chocs. J’ai fini par ouvrir le carnet avec plus de soin dès que je l’entendais glisser.

La couverture toilée a gardé des marques esthétiques, surtout près du bord, mais elle n’a pas perdu sa tenue. La reliure cousue a encaissé mes ouvertures à plat, alors que mon ancien carnet à dos collé avait commencé à blanchir au point de pli. J’ai vu le dos se marquer au même endroit, puis rester stable, ce qui m’a rassuré pendant le test. Je suis rentré plusieurs soirs avec un carnet qui gardait sa ligne, et je n’ai pas eu cette petite crispation qui vient quand la tranche faiblit.

J’ai senti ce léger froid et cette odeur de papier humide avant même de voir les pages gondolées, un signal d’alerte que je n’avais jamais anticipé. Le carnet sortait d’un sac fermé après une journée froide puis plus chaude, et le papier n’était plus parfaitement plat. Je n’ai vu aucune tache, seulement un gondolage temporaire sur quelques pages, surtout au début et à la fin. C’est là que j’ai compris que la condensation gênait plus que la pluie elle-même.

  • Je l’ai glissé contre une gourde encore humide, et la bande du bord a ondulé tout de suite.
  • Je l’ai bourré sous un chargeur, et les coins ont blanchi puis se sont écrasés.
  • J’ai laissé du gel sur 80 g/m², et le verso est devenu moins lisible.
  • Je l’ai gardé dans le sac après la pluie, et l’odeur de renfermé a pris le dessus.
  • J’ai forcé l’ouverture à plat sur un dos collé, et j’ai entendu un petit craquement avant la fente.

À qui je recommande ce carnet et quand je préfère changer de papier ou de stylo

Après six semaines, j’ai eu surtout des marques sur la couverture et les coins, pas une ruine du carnet. Le papier est resté bien plat tant que je l’ai gardé loin de la gourde et des objets humides, et la reliure cousue a tenu plus net qu’un dos collé. Le format A5 m’a paru le bon compromis dans un sac plein, parce qu’il se déforme moins qu’un grand carnet souple. J’ai aussi gardé un élastique qui tenait encore à la fin du test, sans pages qui se baladent.

Je ne le garderais pas dans un sac très chargé sans protection, car les coins prennent vite un coup. Je ne l’emploierais pas au stylo gel sur 80 g/m² si la lecture du verso compte, parce que le ghosting revient vite. Je reste prudent dès que le sac garde de l’humidité, car le papier froid annonce les pages gauchies avant même l’ouverture. Je n’ai pas trouvé de miracle ici, juste une matière qui montre vite ses limites quand je la malmène.

J’ai fini par glisser le carnet dans une pochette fine, puis dans une housse zippée les jours de pluie. J’ai aussi séparé la gourde de la poche intérieure, et les coins se sont marqués moins vite. Pour les notes longues, je suis passé au 120 g/m² avec le stylo bille, et j’ai gardé le feutre fin pour les croquis. Quand je suis rentré à Angers, j’ai repris le Rhodia A5 comme base, mais pas avec le gel au quotidien.

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